Cherche canapé géant

En 1823, l’évêché de Luçon adresse à l’administration centrale des cultes la liste au père Noël du mobilier manquant pour le palais épiscopal.

Parmi les meubles nécessaire au grand salon de réception,

un canapé à dix places (ainsi que 8 fauteuils et 12 chaises), le tout en acajou et d’une étoffe de choix en bleu-ciel.

Oui dix places ! Pour un montant de 1500 francs, soit moins cher quand même qu’un grand miroir…!

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Luçon, F/19/7725.

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L’un des monuments les plus précieux de France …

« À une époque où les arts reçoivent de si grands encouragements grâce à l’impulsion donnée par notre sage et vénéré monarque, sous un ministère si digne de comprendre cette haute pensée de civilisation et lorsque la direction des esprits et des études se porte avec tant d’ardeur vers la conservation et la restauration des monuments de l’art gothique, je crois entrer dans les vues de votre Excellence en appelant son attention sur un monument qui peut, à juste titre, être considéré comme l’un des plus précieux de la France et même de l’Europe, je veux parler de la cathédrale de Limoges. »

Pas mieux… Non, vraiment, autant d’emphase en une seule phrase dans un courrier administratif (le préfet de la Haute-Vienne écrivant au ministre, 1838), chapeau.

Bon, il faut l’avouer, le ministre Félix Barthe (1831-1834) n’est pas resté particulièrement dans les annales en matière de conservation du patrimoine.

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Limoges, F/19/7721.

Martial Picat, tombé d’un échafaudage

et vraisemblablement pas mort dans son lit !

« décédé chez son père, ce matin à deux heures », rue de la Providence à Limoges

Accte de décès, Archives départementales de la Haute-Vienne

Martial Picat, fils de Jérôme (ancien charpentier, gardien sur le même chantier) et de Thérèse Péricaud (infirme depuis plusieurs années) est né le 2 juillet 1830 à Limoges. Ouvrier bardeur, il travaille sur le chantier de restauration de la cathédrale de Limoges. Le 11 février 1849, il chute d’un échafaudage sur le chantier de la cathédrale de Limoges et s’écrase sur les terrasses des bas-côtés, en contrebas.

Vu l’état du malheureux, vivant mais moribond, décrit dans le procès-verbal d’accident fait par l’inspecteur des travaux, peu de chances qu’il ait atteint son lit vivant…

Voir à ce sujet l’article Ce que ne vous dira pas l’état civil, écrit à partir de cas semblables…

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Limoges, F/19/7721.

Langres, de guingois

Langres, mars 1842.

Après 4 ans de travaux de consolidation de la cathédrale qui se lézardait dangereusement, il est temps d’enlever les étais et autres échafaudages ! Mais… problème :

au moment où on allait procéder à cet enlèvement, on a reconnu dans l’ancien mur et même dans les constructions nouvelles l’existence de lézardes qui menacent gravement la conservation de l’édifice.

Les travaux de consolidation ont à la longue fini par prendre appui sur… les étais.

Donc on recommence… Et on reprend presque les mêmes : l’architecte… est en fait l’ancien inspecteur des travaux et l’entrepreneur de travaux publics ne change pas. En 1848, les travaux sont terminés. Enfin… dès 1852 il est de nouveau question d’étayer la voûte, de reconstruire un contrefort…
L’architecte E. Boeswillvald qui inspecte les travaux au nom de l’administration des Cultes est juste dégouté par la dénaturation de l’édifice et les restaurations désastreuses. Cynique, il écrit qu’au moins :

« il sera toujours fort facile de distinguer les formes anciennes de celles du XIXe siècle »

… tellement les travaux récents sont grossiers et une pâle imitation de l’ancien.

Source : Archives nationales (France), ​cathédrale de Langres, F/19/7715.