Quand l’archiviste parle à l’archiviste à travers le temps

Quand, au cours du classement archivistique, tu tombes sur des analyses (au crayon) d’un illustre prédécesseur et des dossiers pré-décrits…

Charles Grandjean (1857-1933) croisé au détour de quelques dossiers de la cote F/19/7803 (Notre-Dame de Paris), annoté sans doute lorsqu’il était inspecteur des monuments historiques ou membre de la Commission des monuments historiques.

Source et lien: Archives nationales, F/19/7803. Bibliothèque de l’École des chartes, article nécrologique, année 1933, consultable en ligne sur Persée.

Le choeur des femmes

– Qu’est-ce que tu me proposes ? répond Karma en ouvrant des yeux lubriques.

Elle soulève une pile de documents poussiéreux.
– De m’aider avec les dossiers d’hospitalisation des années 1975 à 1990. Ils sont au sous-sol dans l’attente que quelqu’un veuille bien s’en occuper. Il faudrait aller ranger ceux-ci dans leur boîte et me rapporter les suivants pour que je les numérise.

– Ils t’ont chargée de quinze années d’archivage ? dis-je, scandalisée.

– Moi et toutes les secrétaires de la maternité. Et ça ne peut pas être compté en heures supplémentaires, bien sûr.

– Et tu le fais quand même ?

– Quand j’ai un moment, je vais en chercher une poignée et je les enregistre dans la base de données. Je sais que je ne devrais pas, l’hôpital devrait embaucher quelqu’un à plein temps pour le faire, mais tant que ça n’est pas fait, il faut galérer pour accéder à certains dossiers. Ou pour suivre certaines patientes à la trace…

[…]

Le long du couloir, les grands meubles métalliques à tiroir, portant des dates et des lettres, sont toujours là. Je devrais pouvoir y trouver ce que je cherche.

Je franchis, l’une après l’autre, les portes coupe-feu, en examinant soigneusement les étiquettes apposées sur les tiroirs. 1989, 1987, 1983… Je pousse encore une porte.

[…]

Contre les cloisons, on a installé des meubles à tiroirs comme ceux qui tapissent les murs du couloir, mais aussi des armoires métalliques, des placards à dossiers, de grandes étagères portant des cahiers, des libres, des liasses de feuilles, des dossiers cartonnés, des registres, mais aussi de vieilles machines informatiques.

Martin Winckler, Le Choeur des femmes, pp. 465 et 466 ; 639-641.

Et lecture faite…

… a signé avec les notaires, les autres comparants ayant déclaré ne le savoir de ce interpellé. (1857)

les parties ont certifié exactes les déclarations les concernant, avant d’apposer leur signature sur la tablette numérique. (2015).

« ces généalogistes suspects… »

[…] ce n’est pas d’après la date qu’il y a lieu de classer les copies d’un document, mais d’après le degré d’autorité que leur donne le plus ou moins de soin avec lequel elles ont été exécutées. Une copie de Mabillon ou de Baluze, par exemple, devra toujours être présumée plus correcte qu’une copie authentique et lui être préférée pour l’établissement d’un texte, quelle que soit du reste la date de la copie authentique. Il en serait autrement d’une copie qui serait l’oeuvre d’un de ces généalogistes suspects comme il y en a eu toujours en si grand nombre.

Giry, Manuel de diplomatique, éd. 1925, p. 27. Consultable sur Gallica

« archiviste maniaque… »

Tu choisissais tes phrases phrases, récurées et polies, une à une, précises et asséchées, tu les saisissais comme on s’empare d’un livre sur une bibliothèque. D’ailleurs tu avais l’air d’un médecin ou d’une archiviste maniaque.

Lola Lafon, Nous sommes les oiseaux de passage de la tempête qui s’annonce, Babel, p. 83