Quand l’archiviste parle à l’archiviste à travers le temps

Quand, au cours du classement archivistique, tu tombes sur des analyses (au crayon) d’un illustre prédécesseur et des dossiers pré-décrits…

Charles Grandjean (1857-1933) croisé au détour de quelques dossiers de la cote F/19/7803 (Notre-Dame de Paris), annoté sans doute lorsqu’il était inspecteur des monuments historiques ou membre de la Commission des monuments historiques.

Source et lien: Archives nationales, F/19/7803. Bibliothèque de l’École des chartes, article nécrologique, année 1933, consultable en ligne sur Persée.

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Sur un oeillet en carton d’une boîte d’archives, le trip d’un archiviste retrouvé au fond d’une boîte. Echo aux Archives de la Planète d’Albert Kahn.

Personnellement je laisse plutôt des traces d’ADN dans les fonds, genre vestiges de coupures de papier aux doigts, voire une ou deux gommes ou moignon de crayon à papier jamais retrouvé.

Et vous, quelles traces laissez-vous dans vos fonds d’archives, ou avez-vous trouvé ?

L’archiviste laisse des traces

« archiviste maniaque… »

Tu choisissais tes phrases phrases, récurées et polies, une à une, précises et asséchées, tu les saisissais comme on s’empare d’un livre sur une bibliothèque. D’ailleurs tu avais l’air d’un médecin ou d’une archiviste maniaque.

Lola Lafon, Nous sommes les oiseaux de passage de la tempête qui s’annonce, Babel, p. 83

Toujours penser aux archives, quelles que soient les circonstances… [1914]

Circulaire du préfet Lucien Saint aux maires d’Ille-et-Vilaine [1914]

La période que nous traversons, décisive pour notre pays, apparaitra singulièrement en relief dans notre histoire.

[…]

Les Historiens de l’avenir ne manqueront pas de s’interesser à la vie du pays tout entier pendant cette époque ardente. Cette histoire, que nous vivons chaque jour, ne se détache pas nettement ; il faut nous pencher sur nous mêmes pour en prendre conscience.

Afin d’en fixer les traits principaux, je ne saurais trop vous recommander d’abord de rec[ue]illir avec soin tous les documents officiels de quelque éte[n]due ou de quelque nature qu’ils soient, et de les classer, par ordre de date, dans une ou plusieurs liasses spéciales.

Puis, pour constituer un fonds suffisant d’histoire locale, vous voudrez bien y joindre, sous forme de notes, de comptes rendus, ou de journal rudimentaire, consignés soit sur un registre à part, soit sur feuilles quotidiennes, tout ce qui, de près ou de loin, concerne la vie de votre commune à partir du premier jour de la mobilisation ; en particulier, vous noterez la répercussion de la guerre sur le pays, par exemple ; les conséquences du départ des hommes pour l’armée, les récoltes, les facilités ou difficultés de culture, d’approvisionnement, le prix des denrées, l’industrie et les métiers; l’état d’esprit des habitants ; les nouvelles, etc…

C’est cet ensemble de faits qui servira aux Historiens pour écrire les annales complètes et vivantes où les générations futures trouveront des exemples, et dont elles tireront les leçons qu’elles comportent.

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Source : Archives de Rennes, 5 H 1

Edit : les Archives de Rennes sur Canal B, novembre 2014.