arnaque

Il n’est pas fait mention de fourniture de grenadine…

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Vannes, 1817, cote F/19/7916.

 

Arnaque vannetaise

Restaurons la cathédrale !

Mais si les lourdes charges de l’état ne lui permettent pas d’entreprendre cette œuvre nationale nous sommes persuadé qu’en faisant un appel au patriotisme, à la piété et à l’amour des arts ; tous les hommes de cœur s’empresseront, comme au Moyen-âge d’apporter leur obole pour conserver le temple que leurs pères de l’ancienne France ont su élever à la gloire de Dieu.

Conclusion du rapport-projet de restauration de la cathédrale de Reims, par l’architecte Jean Jacques Arveuf, 1849.

Source : Archives nationales, F/19/7838.

Les enfants, « c’était mieux avant… »

Je suis informé que fréquemment des pierres sont lancées par des enfants dans les fenêtres de la cathédrale de Reims et aussi, dans les sculptures des porches. On a même pu voir des enfants escalader les socles et se hisser le long de ces porches.

Ces faits regrettables à tous les points de vue ont été signalés à la police, […], sans résultat.

Lettre de l’architecte Denis Darcy au ministre de l’Instruction publique, des beaux-arts et des cultes, 28 octobre 1895.

Mais aussi : Paris en 1838 ou encore Marseille en 1883 (à coup de feux d’artifice !).

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Reims, F/19/7835.

 

Point météo du 31 juillet

Le 31 juillet 1886, un ouragan provoque une inondation de l’orgue de la cathédrale de Reims…

Nous [la fabrique] avons appelé de suite le facteur chargé de veiller à l’entretien de nos orgues ; il retira à la hâte l’eau jaunâtre qui remplissait chaque tuyau des jeux d’anches et qui s’infiltrait dans les sommiers très compromis, et constata ensuite que le mécanisme entièrement mouillé ne fonctionnait plus, à cause du gonflement subit des bois ; il trouva aussi la soufflerie envahie ; enfin il déclara qu’on ne pourrait se rendre un compte exact des réparations à faire, qu’après le démontage et l’examen de toutes les pièces atteintes par les eaux.

Ce dommage que nous signalons, Monsieur le ministre, a été occasionné par les travaux qui sont faits en ce moment à l’une des tours du transept nord. Les précautions prises pour l’écoulement des eaux d’orage au dehors, n’étaient sans doute pas suffisantes ; l’expérience, du reste, l’avait déjà démontré une première fois en mai. Hélas ! elle l’a cruellement démontré une seconde fois encore, le 31 juillet à 2 heures 1/2 pendant l’heure de repos des ouvriers.

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Reims, F/19/7834.

Dans le sens du poil (rémois)

Ah ! Puisse-t-elle [sa Majesté] lire dans le coeur de tous les Rhémois, elle y verroit gravés en caractères de feu Vive à jamais Napoléon Legrand, le héros de l’Europe, le pacificateur du continent, le restaurateur de l’ordre, de la morale, des vrais principes, du bonheur, et bientôt de la liberté des mers.

Pétition des notables de Reims pour obtenir des crédits pour la restauration de la cathédrale, 31 août 1807 (bon, ils ont obtenu un décret impérial l’année suivante avec une subvention de 85 000 francs, comme quoi, la brosse à reluire…).

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Reims, F/19/7831.

De la question sociale dans les travaux de l’Etat

Dans les dossiers de restauration des cathédrales, il n’est pas rare de voir apparaître la question sociale dans les courriers adressés par les préfectures à l’administration centrale, et notamment la nécessité de fournir du travail aux ouvriers, notamment à l’approche ou au sortir de l’hiver, ou lors des crises frumentaires.

Ainsi, à Rennes, en 1812 :

[…] depuis plus de 27 semaines, cent ouvriers de divers états ont été employés à cet édifice, et qu’ils y ont trouvé des moyens de subsistance dans des circonstances extrêmement critiques.

 

Ils vont se trouver sans travail à une époque peu favorable aux constructions, et dans des circonstances où les sacrifices faits par le petit nombre de citoyens aisés, qu’offre la ville de Rennes, leur laissent peu d’espoir de se procurer du travail et des moyens de subsistance.

Par contre, ce genre de commentaire, quelques années après (1818), est une première !

On peut faire travailler les malheureux là ou leur faiblesse, leur paresse ou leur inexpérience n’a pour résultat qu’une perte de têms, mais danss les objets d’arts toute considération autre que celles de l’ouvrage même doit être nulle.

Sources : Archives nationales, restauration de la cathédrale de Rennes, F/19/7840

Jeu des églises musicales

Entre le 25 décembre 1830 et le 25 mars 1831, plusieurs milliers de chevaux cantonnent à Rennes : 6000 chevaux de remonte et des chevaux supplémentaires pour la garnison de Rennes, ce qui porte leur nombre total  à 2000). Cette fiesta d’équidés occasionne de petits soucis de logement, forcément…
Pour caser tout ce petit monde, on met en place une espèce de jeux d’églises musicales : l’église Saint-Etienne, désaffectée, va recevoir des équidés, mais comme elle est utilisée pour entreposer du matériel d’artillerie, il faut la vider… dans la cathédrale Saint-Pierre, alors en travaux.

Du provisoire… qui va durer plus d’un an : en août 1832, on parle toujours de la reprise imminente des travaux d’achèvement de la cathédrale, dès que l’artillerie aura récupéré son matériel…

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Rennes, cote F/19/7840.

Quand l’archiviste parle à l’archiviste à travers le temps

Quand, au cours du classement archivistique, tu tombes sur des analyses (au crayon) d’un illustre prédécesseur et des dossiers pré-décrits…

Charles Grandjean (1857-1933) croisé au détour de quelques dossiers de la cote F/19/7803 (Notre-Dame de Paris), annoté sans doute lorsqu’il était inspecteur des monuments historiques ou membre de la Commission des monuments historiques.

Source et lien: Archives nationales, F/19/7803. Bibliothèque de l’École des chartes, article nécrologique, année 1933, consultable en ligne sur Persée.

Pas de travail pour les étrangers

« […] cet entrepreneur [M. Gabani] est italien, mais […] le sieur Sartori dont le nom est ajouté au sien et auquel le sieur Gabani était associé était naturalisé français.

Or le sieur Sartori étant décédé, il n’y a pas lieu de prendre comme son successeur dans les travaux le sieur Gabani resté italien et comme il n’y a pas d’entrepreneur de fumisterie français à Périgueux, nous ferons exécuter les quelques menus travaux d’entretien qui relèveront de cette profession par le plâtrier, le sieur Brachet, ce dernier étant suffisamment capable pour les exécuter »

Tant pis si le dit Pierre Gabani, fumiste de son état, travaille depuis 1875 aux travaux d’entretien de la cathédrale… et que pendant 18 ans ça n’a pas posé problème.

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale Saint-Front de Périgueux, juillet 1893, F/19/7815.