Interdiction pour une femme de se vêtir en homme

Paris, 13 pluviôse [an 4] (2 février 1796)
La citoyenne Melanide, artiste du théâtre du Marais, demeurant très loin de son théâtre, s’adresse à vous pour obtenir une permission qui lui sera fort utile rapport à son peu de fortune, si ses raisons peuvent vous décider à lui accorder.
Elle vous prie donc en conséquence citoyen de lui accorder la permission de se mettre en homme, cela lui économiserait l’entretien qui est fort coûteux.
Ce dessein peut vous paraître suspect dans un temps où des intrigants font tout au monde pour perdre leur malheureuse patrie, mais comme ses intentions sont pures, elle vous prie de vous informer vers le citoyen Dugas son directeur et que c’est seulement par économie qu’elle recherche cette permission.
Salut et fraternité
Melanide Zilgens
Rue de l’arbre sec n°251 chez le papetier

 

20 pluviôse an 4 (9 février 1796)
Le ministre de la Police générale de la République à la citoyenne Melanide Zilgens, artiste du théâtre du Marais, demeurant rue de l’arbre sec n°251

J’ai reçu, citoyenne, votre lettre du 13 de ce mois, par laquelle vous me demandez de vous habiller en homme.
Quels que soient les motifs sur lesquels vous appuyez votre demande, je ne puis me permettre en faveur de personne la violation des lois.

J’ai reçu, citoyenne, votre lettre du 13 de ce mois, par laquelle vous me demandez de vous habiller en homme.
Quels que soient les motifs sur lesquels vous appuyez votre demande, je ne puis me permettre en faveur de personne la violation des lois.
Tous les règlements de police s’opposent à ce que les femmes, prennent le costume d’hommes*

Si les bonnes moeurs ont fait rendre ces lois, les circonstances présentes en commandent surtout aujourd’hui l’entière exécution.

Salut, etc.

* il existe même un décret non révoqué qui prononce la peine capitale contre toute infraction à ce réglement.

Archives nationales, F/7/3492 (inventaire en ligne)

Quand l’archiviste parle à l’archiviste à travers le temps

Quand, au cours du classement archivistique, tu tombes sur des analyses (au crayon) d’un illustre prédécesseur et des dossiers pré-décrits…

Charles Grandjean (1857-1933) croisé au détour de quelques dossiers de la cote F/19/7803 (Notre-Dame de Paris), annoté sans doute lorsqu’il était inspecteur des monuments historiques ou membre de la Commission des monuments historiques.

Source et lien: Archives nationales, F/19/7803. Bibliothèque de l’École des chartes, article nécrologique, année 1933, consultable en ligne sur Persée.

Patrimoine abandonné

La plupart des chapelles de la première église du royaume, ne sont que des débris qui excitent la surprise des étrangers qui vont visiter ce beau monument. Quelques unes sont closes grossièrement avec des planches de bois de bâteaux. Les autres montrent leur hideuse nudité à découvert. La belle statue du Bernin qu’il s’agit de replacer dans la chapelle dont le projet est ci-joint, est couchée par terre dans un coin, recouverte de deux doigts de poussière, et entourée de débris. (1818)

Source : Archives nationales, travaux de restauration de Notre-Dame-de-Paris, F/19/7798.

Temps vrai ou temps moyen ?

Il n’y a pas que les questions d’heure d’été ou heure d’hiver…

Les horloges publiques de la capitale sont encore réglées aujourd’hui d’après le tems vrai et non d’après le tems moyen […]. Londres, Amsterdam et Genève, ont, il y a déjà bien des années, donné l’exemple à cet égard, et Paris où l’art de l’horlogerie s’exerce avec une supériorité reconnue, ne pourrait je pense, différer l’adoption d’un système devenu nécessaire

En savoir plus : Observatoire de ParisHartman, « Le temps vrai et le temps moyen, ou résumé de la cause de l’irrégularité apparente des montres et pendules réglées sur le temps vrai » (1827)

Source : Archives nationales, travaux de restauration de Notre-Dame-de-Paris, F/19/7798.

Sous le papier peint jaune, les strates de quasiment un siècle d’habitat et de décors muraux. Le jaune a succédé au blanc avec contour bleu marine, qui a lui-même remplacé un truc couleur sable orangé. Le plus coriace, c’est celui d’origine, à même le plâtre. Des motifs à dominante rouge, avec beaucoup de fleurs, des personnages plus ou moins asiatiques, des perroquets, des chevaux et des kiosques, et sur les contours. Avec un peu de chance, il sera peut-être possible de tomber sur les catalogues du fabriquant…

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En écho : L’âge d’or du papier peint est dans Gallica, sur Orion en aéroplane

Généalogie d’un papier peint

Breton corrigé

Paris : peut-être avec Nantes la seule ville de France où j’ai l’impression que peut m’arriver quelque chose qui en vaut la peine, où certains regards brûlent pour eux-mêmes de trop de feux […], où pour moi la cadence de la vie n’est pas la même qu’ailleurs, où un esprit d’aventure au-delà de toutes les aventures habite encore certains êtres.