Dans le sens du poil (rémois)

Ah ! Puisse-t-elle [sa Majesté] lire dans le coeur de tous les Rhémois, elle y verroit gravés en caractères de feu Vive à jamais Napoléon Legrand, le héros de l’Europe, le pacificateur du continent, le restaurateur de l’ordre, de la morale, des vrais principes, du bonheur, et bientôt de la liberté des mers.

Pétition des notables de Reims pour obtenir des crédits pour la restauration de la cathédrale, 31 août 1807 (bon, ils ont obtenu un décret impérial l’année suivante avec une subvention de 85 000 francs, comme quoi, la brosse à reluire…).

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Reims, F/19/7831.

De la question sociale dans les travaux de l’Etat

Dans les dossiers de restauration des cathédrales, il n’est pas rare de voir apparaître la question sociale dans les courriers adressés par les préfectures à l’administration centrale, et notamment la nécessité de fournir du travail aux ouvriers, notamment à l’approche ou au sortir de l’hiver, ou lors des crises frumentaires.

Ainsi, à Rennes, en 1812 :

[…] depuis plus de 27 semaines, cent ouvriers de divers états ont été employés à cet édifice, et qu’ils y ont trouvé des moyens de subsistance dans des circonstances extrêmement critiques.

 

Ils vont se trouver sans travail à une époque peu favorable aux constructions, et dans des circonstances où les sacrifices faits par le petit nombre de citoyens aisés, qu’offre la ville de Rennes, leur laissent peu d’espoir de se procurer du travail et des moyens de subsistance.

Par contre, ce genre de commentaire, quelques années après (1818), est une première !

On peut faire travailler les malheureux là ou leur faiblesse, leur paresse ou leur inexpérience n’a pour résultat qu’une perte de têms, mais danss les objets d’arts toute considération autre que celles de l’ouvrage même doit être nulle.

Sources : Archives nationales, restauration de la cathédrale de Rennes, F/19/7840

Jeu des églises musicales

Entre le 25 décembre 1830 et le 25 mars 1831, plusieurs milliers de chevaux cantonnent à Rennes : 6000 chevaux de remonte et des chevaux supplémentaires pour la garnison de Rennes, ce qui porte leur nombre total  à 2000). Cette fiesta d’équidés occasionne de petits soucis de logement, forcément…
Pour caser tout ce petit monde, on met en place une espèce de jeux d’églises musicales : l’église Saint-Etienne, désaffectée, va recevoir des équidés, mais comme elle est utilisée pour entreposer du matériel d’artillerie, il faut la vider… dans la cathédrale Saint-Pierre, alors en travaux.

Du provisoire… qui va durer plus d’un an : en août 1832, on parle toujours de la reprise imminente des travaux d’achèvement de la cathédrale, dès que l’artillerie aura récupéré son matériel…

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Rennes, cote F/19/7840.

Le jour où A. Amezua s’est fait recaler « quoique naturalisé Français »

Notre Grandeur me permettra de lui dire que, dans ma conviction, l’approbation de ce projet soulèvera des difficultés. M. le Ministre craindra de voir renouveler les objections qui se sont déjà produites lorsque des travaux ont été confiés à un facteur dont vous connaissez le nom, qui est d’origine étrangère quoique naturalisé Français.

En outre, M. Amezua n’a pas encore fait ses preuves en France et il ne paraît pas offrir à l’Etat des garanties suffisantes.

ou la candidature malheureuse du facteur d’orgue Aquilino Amezua pour la fourniture d’un orgue d’accompagnement pour la cathédrale de Perpignan, finalement construit par Aristide Cavaillé-Coll en 1875.

Source : Archives nationales, F/19/7818.

Patrimoine abandonné

La plupart des chapelles de la première église du royaume, ne sont que des débris qui excitent la surprise des étrangers qui vont visiter ce beau monument. Quelques unes sont closes grossièrement avec des planches de bois de bâteaux. Les autres montrent leur hideuse nudité à découvert. La belle statue du Bernin qu’il s’agit de replacer dans la chapelle dont le projet est ci-joint, est couchée par terre dans un coin, recouverte de deux doigts de poussière, et entourée de débris. (1818)

Source : Archives nationales, travaux de restauration de Notre-Dame-de-Paris, F/19/7798.

Temps vrai ou temps moyen ?

Il n’y a pas que les questions d’heure d’été ou heure d’hiver…

Les horloges publiques de la capitale sont encore réglées aujourd’hui d’après le tems vrai et non d’après le tems moyen […]. Londres, Amsterdam et Genève, ont, il y a déjà bien des années, donné l’exemple à cet égard, et Paris où l’art de l’horlogerie s’exerce avec une supériorité reconnue, ne pourrait je pense, différer l’adoption d’un système devenu nécessaire

En savoir plus : Observatoire de ParisHartman, « Le temps vrai et le temps moyen, ou résumé de la cause de l’irrégularité apparente des montres et pendules réglées sur le temps vrai » (1827)

Source : Archives nationales, travaux de restauration de Notre-Dame-de-Paris, F/19/7798.

Il pleut sur Nan…cy

🎵 Il pleut, il pleut, bergère… 🎵

(une bergère en Lorraine, ça me rappelle quelqu’une).

Jamais vu autant de dossiers de travaux consacrés à des réparations des toitures et des couvertures dans une seule et même boîte. 14 dossiers sur 58, soit quasiment un quart, là où généralement on compte plutôt 5 dossiers sur le sujet.

Et malgré les rustines, le temps pleut et la situation a l’air toujours critique.

« Les eaux tombent dans la cathédrale, comme si elles provenaient de plusieurs fontaines » (délibération du bureau des marguilliers, 1848).

« Dans les temps d’orage, mais surtout lors de la fonte des neiges, l’eau tombe des voûtes à gros flots » (courrier du conseil de fabrique, janvier 1851).

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Nancy, F/18/7768.