Un trésor sous la Major

Au fond, le plus important, c’est d’y croire, quelle que soit la réalité.

« Les ouvriers soussignés ont l’honneur de soumettre à votre bienveillance, la demande en autorisation de reprendre les recherches du trésor enfoui, dit-on, sous le sol de l’église de la Major.
Après y avoir travaillé nuitamment l’espace de 5 années avec courage et détermination sans se dissimuler les dangers qu’ils avaient à vaincre, les peines et les obstacles qu’ils avaient à surmonter pour réussir, il leur fallut creuser une voie souterraine sans rien sortir de l’enceinte pour cacher soigneusement les traces de leurs travaux à la curiosité publique ce qui absorbait la moitié de leur temps.
Outre ces difficultés il leur fallait encore attendre l’évaporation du caveau qui éteignait la lumière , ne permettant de travailler qu’alternativement et dans des positions très incommodes.
Ces inconvénients qui multipliaient leur peine en prolongeant le terme de leur travail, les auraient découragés sans doute s’ils eussent été salariés, mais comme c’était un but généreux qu’on leur avait proposé, ils ne travaillaient qu’ avec plus d’énergie et de persévérance ce qui leur méritait l’admiration et les éloges des autorités religieuses.
Par malheur, les événements politiques de février et épidémies qui les suivirent, ayant inspiré des craintes bien naturelles à leurs familles, ils durent suspendre leurs opérations nocturnes.
À présent que les fâcheuses circonstances sont passées, leur entreprise deviendrait plus active et plus certaine vu l’état de démolition dans lequel se trouve l’église. Ils pourront espérer d’obtenir plus facilement un résultat avantageux et de pourvoir à l’avenir de leurs familles, tout en procurant des ressources à l’église, ou à qui de droit, et en soulageant en même temps la misère d’un grand nombre de leurs concitoyens, ainsi qu’ils en ont toujours eu la pensée philanthropique.
Ils espèrent, monsieur le Préfet , que vous voudrez bien être favorable à des ouvriers laborieux, et, qu’en leur accordant l’autorisation qu’ils sollicitent de votre bienveillance, ils pourront dans peu, avec l’aide dieu, leurs efforts couronnés par le succès, et qu’ils n’aurait pas en vain arrosés de leur sueur les cendres de leurs pères.
Ils sont avec respect, monsieur le Préfet, vos très obéissants serviteurs .
31 janvier 1855
Jh Bizot
Jean Baptiste Garibaldi
P. Dauphin cadet
Ps : si monsieur le préfet désirait quelques renseignements sur les recherches déjà faites, les soussignés sont à ses ordres »

AN_Marseille_cathedrale_F_19_7757

Source : Archives nationales, travaux de restauration de la cathédrale de Marseille, F/19/7757.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s